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La nouvelle étude de CBRE dédiée aux hôtels – L’ACTIVITÉ DU TOURISME ET DE L’HÔTELLERIE EN FRANCE

Bilan 2011
Après l’amélioration de l’activité hôtelière en France en 2010, l’année 2011 a atteint un niveau globalement inégalé. L’année 2011 a été l’année la plus chaude depuis 1900, le printemps et l’automne furent exceptionnellement chauds et secs, mais l’été fut pluvieux. La tenue
d’évènements internationaux exceptionnels et le succès des grands rendez-vous professionnels ou médiatiques (Sommet du G8 à Deauville, salon du Bourget, festival de Cannes…) ont porté l’activité à la hausse. S’agissant de la clientèle de tourisme, l’avant et l’arrière-saison particulièrement estivales ont fortement contribué à ce dynamisme.

Malgré des conditions climatiques défavorables en juillet et août, la fréquentation est restée proche du record de 2007, dépassant les 23 millions de nuitées. La saison hivernale débuta par un enneigement tardif, n’empêchant pas une hausse de l’activité par rapport à 2010, le taux d’occupation moyen atteignant 56 % (source : FAGIHT).

Sur l’année, la croissance cumulée du nombre de nuitées dans l’hôtellerie de tourisme atteint + 3,2 % par rapport à 2010 (source : enquête de fréquentation hôtelière). Cette croissance enregistrée est majoritairement le fait de la clientèle française, dont la fréquentation augmente de + 3,5 %. En effet, la clientèle nationale est davantage partie en vacances cette année et la durée du séjour a tendance de nouveau à s’allonger. Les nuitées d’affaires ont elles aussi contribué à cette croissance, + 3,5 %, soit 87,4 millions de nuitées, niveau le plus haut historiquement. Les Français ont privilégié la destination France. Les voyages à destination de l’Afrique ont été moins nombreux en raison du contexte du Printemps arabe. La principale zone de destinations étrangères reste le Vieux Continent.

La fréquentation de la clientèle européenne progresse à peine par rapport à 2010 (+ 0,4 %), même si elle reste néanmoins la principale clientèle étrangère (75 %).

Les touristes allemands et belges sont plus présents qu’en 2010, respectivement + 2,8 % et + 1,4 %. En revanche certaines clientèles européennes sont en recul, à l’image des Espagnols (- 2 %), des Britanniques (- 2,9 %) et des Italiens (- 8,4 %), plus fortement touchés par la crise.

Les touristes nordiques, encore peu nombreux, restent en augmentation, + 10,5 %. Les clientèles lointaines sont quant à elles au plus haut niveau de fréquentation depuis 2005, représentant 25 % de la clientèle étrangère, notamment en provenance des BRICS. Les touristes chinois
connaissent la plus forte progression, + 25,2 %, ainsi que les touristes sud-américains + 14,3 %. Seule la clientèle japonaise est en baisse, – 2,7 %, en raison des catastrophes naturelles de mars 2011.

En 2011, l’essentiel des régions a vu sa fréquentation progresser. Seules la Corse et la Franche-Comté constituent deux exceptions notables, respectivement – 2,5 % et – 1,4 %.
Les régions littorales de l’Ouest ont été particulièrement dynamiques (Aquitaine, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Bretagne) et certaines régions de l’Est (Champagne-Ardenne, Alsace,Rhône-Alpes) ainsi que l’Ile-de-France. L’avant et l’arrière-saison ont donc privilégié les régions littorales. L’été pluvieux a permis aux espaces urbains de performer grâce à des espaces couverts.

Comme en 2010, l’amélioration de la conjoncture n’a pas bénéficié à l’ensemble des segments. L’hôtellerie de moyenne gamme connaît toujours une évolution négative en glissement annuel du nombre de nuitées (- 5,7 % pour les 2*), constituant le coeur du marché (38 %). Les établissements économiques (0* et 1*) connaissent une légère baisse, mais ils ont su atténuer ce phénomène en diminuant plus fortement leur offre de chambres.
Cela leur a permis une légère progression de leur taux d’occupation par rapport à 2010 (+ 1,4 %). L’activité a de nouveau été dynamisée grâce aux établissements les plus confortables, + 7,2 % pour les 3* et surtout + 27,3 % pour les 4 et 5*. Pour répondre à cette hausse, les établissements ont dû accroître l’offre de chambres, + 5,8 % pour les 3* et + 34,0 % pour les 4* et 5*. Le taux d’occupation a connu la plus forte hausse dans les hôtels 3*, atteignant + 2,4 points, et + 2,2 points dans les 4* et 5*.

Premiers éléments 2012
Malgré une brève éclaircie au mois de mars, les craintes après une si bonne année 2011 restent fondées. La fréquentation hôtelière est en baisse sur les cinq premiers mois par rapport à 2011. Au mois de mars, en pleine période électorale, la fréquentation croît de + 2 %, montrant ainsi que l’activité hôtelière n’est pas significativement touchée par le contexte politique. Mais le mois d’avril, particulièrement pluvieux, a connu une nouvelle baisse de – 1,1 %. Les ponts du mois de mai, ont permis une légère augmentation de + 2,2 %, mais la clientèle française est moins présente que l’an dernier. Le taux d’occupation reste stable,
55,9 %, s’expliquant par la hausse de l’offre, en partie sous la forme d’un élargissement des périodes d’ouverture.
Les tendances de 2011 concernant les segments perdurent.
Les 3* et plus accueillent désormais quasiment la moitié de la fréquentation. Les hôtels 4* et plus enregistrent une hausse de + 25,1 % en un an. En revanche, les établissements économiques accusent un recul (- 6,4 % pour les hôtels non étoilés en un an). Ainsi que les hôtels de milieu de gamme, diminuant de – 6,6 points pour les hôtels 2*.

Les zones de montagnes, malgré un enneigement tardif, ont connu l’évolution la plus forte en nombre de nuitées par rapport aux autres zones, + 15 %. Les zones du littoral et Paris ont eux aussi bénéficié de cet afflux, + 4,3 % et + 1,7 %. Les espaces urbains rencontrent une certaine stabilité et ils représentent presque la moitié des nuitées.
Le RevPar continue de progresser dans le segment du grand luxe et du haut de gamme (respectivement + 4,2 % et + 2 %).
En revanche, le segment super économique connaît une légère dégradation, – 1,1 %.

Perspectives
Les professionnels de l’hôtellerie sont plus réservés pour les mois à venir. La conjoncture économique difficile pèse sur l’activité.
Les taux de réservation sont à la baisse par rapport à l’an dernier, 45 % en moyenne pour juillet et 37 % pour août. Cependant, une tendance aux réservations tardives est à relever. En juin, 35 % des professionnels se déclaraient satisfaits des taux de réservation dans les six mois à venir.
La clientèle venant des BRICS, moins touchée par le ralentissement
économique, et pour laquelle l’attrait de la France reste égal, permet
de contrebalancer la frilosité de la clientèle française et européenne.