Outils de bricolage : peut-on louer en toute confiance ?

Poncer un vieux parquet, shampouiner une moquette, décoller du papier peint…

Pour réaliser des travaux ponctuels, il est inutile d’acheter des outils spécifiques et onéreux. Ils peuvent être loués dans des enseignes spécialisées ou des magasins de bricolage proposant un service de location. Si le particulier doit être vigilant sur le choix et l’état du matériel proposé, le loueur est également tenu de respecter des obligations de sécurité et d’information.

Dans un avis sur le sujet publié en mai 2008, la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) insistait sur les problèmes de sécurité posés par les outils mis en location et la qualité insuffisante des prestations offertes par les professionnels.

L’enquête réalisée à cette occasion montrait que 40 % des matériels, notamment du fait d’un défaut d’entretien, n’étaient pas conformes aux réglementations et aux normes en vigueur, principalement dans le domaine de la sécurité électrique. La CSC recommandait notamment de réviser la norme relative à la location de matériels de bricolage ou de jardinage (NF S 55-500), qui date de 2003, afin d’étendre son domaine d’application aux appareils électrodomestiques et de prévoir une information du consommateur sur les dernières dates de vérification des appareils. La CSC préconisait également que le texte définisse des exigences de démonstration. Malheureusement, à ce jour, la norme n’a toujours pas été révisée.

Autre recommandation : assouplir la réglementation actuelle relative à la location des équipements de protection individuelle afin que les plus chers d’entre eux (lunettes de protection, masques et combinaisons) puissent être proposés à la location ou soient mis à la disposition des clients gratuitement. Quatre ans après la publication de cet avis, 60 Millions de consommateurs publie les résultats d’une enquête « clients-mystère » que l’Institut national de la consommation (INC) a conduite auprès de six enseignes, afin évaluer la qualité de service et l’état des appareils.

Vingt-cinq outils ont été loués : cinq scies circulaires, cinq perforateurs,cinq ponceuses à parquet, quatre décolleuses à papier peint et six shampouineuses. Les conclusions confirment que les loueurs négligent le caractère dangereux de ces outils. Ainsi, seul un peu plus du tiers des loueurs a fourni un certificat de conformité des appareils, pourtant exigé par la norme.

De même, la norme de 2003 impose au professionnel d’interroger le client sur la nature des travaux qu’il s’apprête à entreprendre afin de lui proposer le matériel le plus adapté. Or, dans 70 % des cas, le matériel a été remis au client sans qu’on lui pose de questions. Par ailleurs, un seul loueur a mentionné les compétences nécessaires pour utiliser le matériel. Ces résultats plaident de nouveau pour faire évoluer le cadre réglementaire et normatif de cette activité, en développement continu.

QUELQUES RECOMMANDATIONS AUX PARTICULIERS :
• lors du retrait du matériel, vérifiez l’état général des outils, la présence d’une notice et les accessoires indispensables à son utilisation ;
• lorsque vous utilisez les matériels, équipez-vous des équipements de protection individuelle recommandés par la notice ;
• lorsque vous rapportez le matériel au loueur, faites lui part des dysfonctionnements, même mineurs, que vous avez constatés, afin que ces points soient spécifiquement vérifiés à titre préventif.

source :Commission de la Sécurité des Consommateurs