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Crédit à la consommation : l’année 2012 devrait être favorable aux consommateurs

Lors de la présentation de sa réforme du crédit à la consommation, Mme Lagarde avait résumé son projet de loi par la formule suivante : « Plus d’accès et moins d’excès ».

Depuis maintenant plus d’un an, moncreditpropre.com analyse les offres commerciales proposées par les différents établissements de crédit. Nous observons attentivement l’évolution du marché du crédit à la consommation, afin d’alerter les consommateurs sur les bonnes … et les mauvaises pratiques.

En cette fin d’année 2011, nous avons quelques raisons d’être optimistes quant à l’évolution du marché du crédit à la consommation : certains établissements de crédit semblent avoir compris l’esprit de la loi Lagarde, et les deux nouveaux entrants (sur un marché très fermé) sont manifestement plus vertueux que leurs ainés. Par ailleurs, compte tenu de la baisse inéluctable que subira la marge financière des spécialistes du seul crédit renouvelable, nous anticipons que ces établissements seront contraints, dès 2012, de tailler dans leur budget publicitaire.

Selon nous, 2012 pourrait donc être l’an 1 du crédit propre !

1. Certains établissements de crédit semblent avoir compris l’esprit de la loi Lagarde

Des crédits renouvelables proposés à des taux exorbitants, des offres « prêt personnel » trompeuses, car mettant en avant un taux d’appel inaccessible pour la quasi-totalité des consommateurs (parce qu’applicable uniquement à partir d’un montant de financement trop élevé et pour une durée de remboursement trop courte), des offres « privilège » n’ayant de privilège que le nom … tels sont les excès que souhaitent combattre les pouvoirs publics.

Permettre à un public plus large d’accéder au crédit à la consommation (40 % des consommateurs en sont aujourd’hui exclus), lutter contre le développement du surendettement actif (en évitant de toujours proposer plus de produits aux mêmes consommateurs), favoriser le développement du crédit amortissable (en le rendant accessible au plus grand nombre), … telles sont les pratiques que souhaitent favoriser les promoteurs de la loi Lagarde.

Tous les établissements de crédit n’ont malheureusement pas compris l’esprit de la loi Lagarde, et certains « cancres » se contentent de la respecter à la lettre. Ces établissements continuent donc à se comporter (presque) comme avant et proposent sans vergogne des offres revolving à des taux d’intérêt qui deviendront illicites dès le trimestre suivant, des offres revolving dans lesquelles le montant minimum devant être remboursé pour un prêt de 4.000 € est inférieur à celui prévu pour un crédit de 3.000 € (que de zèle dans le suivi à la lettre d’une mesure définie de manière inappropriée! ), des publicité pour des prêts personnels dans lesquelles le taux d’appel est écrit en caractères dix fois plus grand que le montant minimum du financement et la durée maximale de remboursement… L’un d’entre eux a même réussi l’exploit de dégrader la tarification applicable à ses crédits renouvelables depuis l’entrée en vigueur de la loi Lagarde !

Heureusement, d’autres établissements semblent avoir compris le message adressé par les pouvoirs publics, et ont mis fin à certaines pratiques détestables : ainsi, certaines offres « crédit renouvelable » anticipent déjà la baisse à venir des taux d’usure (deux offres proposent aujourd’hui des taux à 14.90 % quels que soient le montant emprunté et le rythme de remboursement choisi). De même, il est désormais possible de trouver des offres « prêt personnel » qui ne mettent plus en avant un taux d’appel quasi-inaccessible, mais des taux attractifs et accessibles (car applicables pour des durées de remboursement compatibles avec les possibilités des consommateurs). Enfin, un établissement teste actuellement une offre réservée aux consommateurs titulaire d’un contrat de travail à durée déterminée, afin de favoriser l’accès au crédit de cette population, aujourd’hui trop souvent exclue.

Les établissements qui proposent ces offres ont raison. Ils ont compris le sens de l’histoire, et à terme, ils ne peuvent qu’être copiés par les moins obtus de ceux n’ayant encore pas fait leur révolution culturelle. Grâce à ces établissements précurseurs, le lien de confiance entre les consommateurs et les organismes de crédit à la consommation peut commencer à être reconstruit.

Il convient donc de saluer leur action et d’informer les consommateurs que certains établissements de crédit sont plus dignes de confiance que d’autres.

2. Les nouveaux entrants sont manifestement plus vertueux que leurs ainés

La Banque Postale Financement (établissement ayant démarré son activité « crédit à la consommation » en 2010) et Prêt d’Union (établissement de crédit démarrant actuellement son activité) ne proposent pas de crédits renouvelables.

Par ailleurs, leurs offres « prêt personnel » ne comportent ni taux d’appel, ni pièges grossiers. Leurs offres sont claires, saines et facilement compréhensibles (en plus d’être compétitives).

Est-ce un hasard ?

Nous ne le croyons pas. Ces établissements sont nés à une époque où les organismes de crédit étaient accusés (souvent à juste titre) de tous les maux. Leurs créateurs ont bien compris qu’il serait suicidaire de recopier un modèle, perdant pour tout le monde : ils ont donc sagement décidé de « renverser les valeurs », afin de se différencier des vautours responsables du désastre actuel.

Leur arrivée est donc une bonne nouvelle, car elle permettra d’accélérer l’indispensable assainissement du marché du crédit à la consommation.

3. Certains budgets publicitaires pourraient être revus à la baisse

Les spécialistes du seul crédit renouvelable vont voir leur marge financière baisser de trois à quatre points en à peine plus d’un an. Ils survivront (ce qui démontre à quel point les taux anciennement pratiqués étaient anormalement élevés), mais ils devront s’adapter. Et cette adaptation passera inéluctablement par une baisse de leurs dépenses publicitaires.

Le nombre des mailings s’entassant dans les boîtes aux lettres risquent donc de baisser, ce qui est une excellente nouvelle.

Remarque : les consommateurs pourraient d’ailleurs facilement (et gratuitement) agir s’ils souhaitaient accélérer cet inéluctable mouvement : pour cela, il leur suffirait, lorsqu’une offre scandaleuse leur est adressée sans qu’ils n’aient rien demandé, de retourner à son expéditeur l’enveloppe T (ne nécessitant pas d’être affranchie et faisant généralement partie du mailing), en y joignant, non pas le contrat de crédit de crédit signé, mais un petit mot indiquant qu’ils ne sont pas intéressés car ils savent qu’il y a de bien meilleures offres ailleurs.

4. Perspectives pour l’année 2012

Le marché du crédit à la consommation est en pleine évolution. Et cette évolution est capitale, car si les pratiques ne changent pas, le système s’écroulera, comme un château de cartes.

Certains anciens acteurs l’ont compris, et font de gros efforts pour améliorer leurs offres. Ils sont désormais accompagnés dans cette nécessaire révolution par deux nouveaux acteurs, qui eux aussi ont manifestement décidé de jouer le jeu de la transparence et de la clarté.

Comme par ailleurs certains « asphyxieurs » commencent à leur tour à être asphyxiés, 2012 a de fortes chances d’être l’année de la renaissance du « vrai » crédit à la consommation, le crédit propre.

Mais pour que ce souhait devienne réalité, il faut que les consommateurs prennent conscience de ces évolutions. Ils doivent donc être informés que, comme aurait pu le dire madame Lagarde, « les établissements de crédit, c’est comme le cholestérol : il y a les bons, et les mauvais ».

Source : Agence Fargo